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État
de la république de l’Inde situé dans le nord-ouest
sec du pays, le Rajasthan est très vaste (342.239 km2), mais
relativement peu peuplé (51 millions d’hab. lors du recensement
de 2002), et la densité de sa population (129 hab./km2) est
nettement inférieure à celle de l’Inde dans son ensemble
(267 hab./km2).
Cet État doit son unité à
l’importance des Rajput rattachés à la caste des Kshatriya
(rois-guerriers). Ils ont formé une série de petits
États qui ont résisté longuement à tous
les envahisseurs non hindous et ont pu préserver une certaine
autonomie aussi bien sous la domination des Moghols que sous celle
des Britanniques. Ces États ont disparu au moment de l’indépendance,
mais la tradition rajput reste assez vivace. Les villes du Rajasthan
doivent une partie de leur cachet à leur ancienne fonction
de capitales princières.
Dans
son ensemble, le milieu naturel est assez peu favorable. La pluviosité
moyenne annuelle se situe autour de 300 millimètres dans
le nord-ouest, pour atteindre au maximum entre 700 et 800 millimètres
dans l’est et le sud-est. De plus, beaucoup de sols sont minces
et les massifs dunaires s’étendent dans les régions
les plus sèches, qui reçoivent moins de 100 millimètres
d’eau par an.
Le cœur historique du Rajasthan est formé
par les monts Aravalli, qui traversent l’État du nord au
sud, à peu près en son milieu. C’est une longue chaîne
de montagnes moyennes, composées de roches résistantes
à l’érosion, très anciennes. Les royaumes rajput
étaient centrés sur des cols commandant les voies
de passage à travers les Aravalli, si bien que c’est ici
que l’on trouve les villes les plus importantes de la région
et notamment la capitale de l’État, Jaipur (2.855.000 hab.
en 2002). L’agriculture est assez médiocre. De nombreux petits
réservoirs d’irrigation, connus sous le nom de tanks, permettent
un système de culture fondé sur l’alternance du blé
et des pois chiches (gram) en hiver, et des millets en été,
la saison des pluies. La vie est d’ailleurs concentrée essentiellement
dans les bassins.
La
chaîne des Aravalli est flanquée à l’ouest par
une plaine sèche. Les parties les plus proches de la frontière
pakistanaise constituent le désert de Thar, qui est plutôt
une région semi-aride. Le piémont des Aravalli est
plus arrosé (de 400 à 500 mm). Les brousses et les
steppes à épineux ont une grande étendue, de
même que les massifs dunaires. On y rencontre les troupeaux
d’éleveurs nomades ou semi-nomades. L’agriculture, fondée
essentiellement sur la culture estivale des millets, et d’un peu
de blé en hiver, est d’importance secondaire, sauf toutefois
dans un périmètre d’irrigation créé
grâce à la construction du grand canal du Rajasthan,
qui amène des eaux issues de l’Himalaya et stockées
dans la retenue du barrage de Bakhra, au Punjab. La partie sèche
du Rajasthan a toujours été un pays d’émigration.
Certains des Rajasthani émigrés jouent un rôle
important dans le commerce de toute l’Inde, comme les Marwari, très
nombreux notamment à Calcutta.
Les
régions orientales de l’État sont plus humides. Il
s’agit d’un ensemble de plateaux connus sous le nom de Malwa. Une
partie de ces plateaux a un sous-sol constitué de laves qui
portent des sols noirs à fort pouvoir de rétention
d’eau, sur lesquels il est possible de cultiver le coton, qui est
associé au blé (hiver) et aux millets (été).
Mais il y a aussi de grandes étendues de sols latéritiques
portés par une série de roches gréseuses, où
les possibilités agricoles sont limitées. De même,
la rivière principale, la Chambal, est bordée de ravins
profonds, très inhospitaliers, longtemps refuge des tigres
et des bandits...
Le développement industriel du Rajasthan
n’est pas négligeable (mécanique, chimie, textiles).
L’État recèle des gisements de pétrole ainsi
que de nombreux gîtes minéraux (argent, cuivre, plomb,
zinc, gypse, marbre) ; le Rajasthan produit la quasi-totalité
des concentrés de plomb et de zinc de l’Inde et il est célèbre
pour ses pierres précieuses. Son passé historique
et culturel en fait un des hauts lieux du tourisme en Inde.
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